à-côtés

Objets pour la réflexion…
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peinturemoto

« à-côtés », du 16 novembre 2014 au 4 janvier 2015.
Pierre Galopin
Vit et travaille à Muel.
« Diplômé de l’école des beaux-arts de Rennes en 2008, Pierre Galopin conserve de cette formation un attachement aux techniques enseignées. Dès lors, il envisage sa démarche comme un défi à relever : comment continuer à faire de la peinture aujourd’hui ? Il décide d’aborder la problématique d’un point de vue technique et travaille scrupuleusement en procédant à des tests, en élaborant une « cuisine de la peinture », pour atteindre son objectif : remplir une surface tout en parvenant à atteindre un effet esthétique. » (Morgane Estève)
galopinpierre@gmail.com
http://pierregalopin.com
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La coupole de Goldmann est un appareil permettant l’examen du champ visuel cinétique, particulièrement adapté pour déceler les déficits périphériques. Que découvrirait-on si l’on sondait avec un tel outil les « à-côtés » d’une pratique artistique que la vision binoculaire ne peut saisir directement ? L’exposition « à-côtés » propose de palier à l’absence de visibilité de pratiques annexes, voire connexes, à celle dont Pierre Galopin nous habitue. Son travail de peinture dépasse déjà l’espace visuel saisi par l’œil regardant droit devant lui, pour révéler des procédés d’atelier qui sont une fin en soi et que l’artiste éprouve dans une production précipitée. Les peintures qui en résultent peuvent alors être lues comme les traces d’une expérimentation, susceptible de mener à son épuisement si le peintre ne décidait de la renouveler. Chaque toile, pourtant unique dans le hasard des vernis qui l’engrange, tombe dans une forme d’anonymat de masse, sans en pâlir. Chacune porte en elle l’éventualité d’un épilogue et d’un recommencement.

Les « à-côtés » d’une telle pratique artistique dévoilent des zones frontières où le champ axial et les champs externes se recouvrent. Ainsi, les feuilles de papier sur lesquelles Pierre Galopin nettoie ses rouleaux de peinture assument leur autonomie et obligent à un mouvement permanent des yeux ou saccades d’exploration, afin d’appréhender le nouvel espace. Les dessins à la visseuse procèdent de l’ingéniosité technique routinière à l’artiste, qui cherche à accélérer le mouvement mais rencontre ici sa propre contradiction : l’outil pouvant aussi contraindre à un manque de vivacité. Un dessin mural déplace par ailleurs les limites de l’artiste : changement de support (du châssis à la cloison domestique), changement de contexte (pratique d’atelier et pratique située), changement de cadence (production brève et expérience d’une lenteur d’exécution). Ce dessin interpelle silencieusement une pratique artistique établie, telle la tache de Mariotte qui correspond à la partie de la rétine où convergent les éléments essentiels à la vision et constitue un point aveugle.